Les maladies neurodégénératives, au premier rang desquelles la maladie d’Alzheimer et la maladie de Parkinson, concernent plus d’un million de personnes en France. En EHPAD, près de 60% des résidents présentent une forme de trouble cognitif. La qualité de leur prise en charge repose en grande partie sur la stabilité des équipes soignantes, un enjeu devenu critique alors que le secteur affronte une crise de fidélisation persistante.
Les unités spécialisées en EHPAD
Trois dispositifs structurent l’offre dédiée aux résidents atteints de troubles cognitifs ou de maladies neurodégénératives.
L’Unité d’Hébergement Renforcée (UHR)
L’UHR est une unité fermée de 12 à 14 places, destinée aux résidents présentant des troubles du comportement sévères. Elle propose un hébergement permanent, un environnement sécurisé et une équipe pluridisciplinaire renforcée. Les résidents y bénéficient d’activités thérapeutiques individuelles et collectives, dans une logique de stimulation cognitive et de réduction des symptômes psycho-comportementaux.
L’Unité de Vie Protégée (UVP)
L’UVP, parfois appelée unité Alzheimer, accueille des résidents atteints de maladie d’Alzheimer ou d’une pathologie apparentée, à un stade où la déambulation et la désorientation sont marquées mais sans troubles du comportement majeurs. La capacité varie en général de 12 à 24 places.
Le Pôle d’Activités et de Soins Adaptés (PASA)
Le PASA n’est pas un lieu d’hébergement mais un espace d’accueil en journée, pour 12 à 14 résidents de l’EHPAD, présentant des troubles du comportement modérés. Le PASA fonctionne en général six jours sur sept, avec des activités thérapeutiques encadrées par un assistant de soins en gérontologie et un psychomotricien ou ergothérapeute.
| Unité | Capacité | Hébergement | Profil résident |
|---|---|---|---|
| UHR | 12 à 14 places | Permanent | Troubles sévères du comportement |
| UVP | 12 à 24 places | Permanent | Alzheimer, déambulation |
| PASA | 12 à 14 places | Journée uniquement | Troubles modérés |
L’enjeu de la stabilité des équipes
Le secteur des EHPAD connaît un taux de rotation du personnel particulièrement élevé. Selon les données 2024 de l’Observatoire national des EHPAD, le turn-over atteint en moyenne 23% au niveau national, avec des pics jusqu’à 35% dans certains établissements privés. Une étude publiée en 2017 par l’Insee soulignait déjà cette spécificité française, liée à des facteurs salariaux et de conditions de travail.
Pour les résidents atteints de troubles cognitifs, l’instabilité des équipes a des conséquences directes. La maladie d’Alzheimer altère la capacité à reconnaître les visages et à mémoriser de nouvelles relations. Un soignant familier devient un repère essentiel. Quand l’équipe change trop fréquemment, le résident peut développer de l’anxiété, des troubles du sommeil, des comportements d’opposition aux soins.

Pourquoi la fidélisation change la qualité des soins
La fidélisation des équipes en EHPAD joue un rôle central dans la qualité des soins, en renforçant la continuité, la sécurité et la compréhension fine des besoins des résidents.
Reconnaissance des signaux faibles
Un soignant qui connaît bien un résident détecte les changements de comportement, d’expression du visage, de posture. Pour la maladie de Parkinson, ces signaux sont essentiels pour adapter la prise en charge, notamment les fluctuations motrices et les épisodes de blocage.
Continuité des projets de vie individualisés
Chaque résident dispose d’un projet personnalisé. Sa mise en œuvre suppose une transmission fine entre soignants. Quand le turn-over est élevé, ces projets perdent en cohérence.
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Réduction des troubles du comportement
Une équipe stable diminue les facteurs de stress du résident. Les recommandations de la Haute Autorité de santé sur la prise en charge non médicamenteuse des troubles du comportement insistent sur l’importance d’un environnement familier et d’une équipe formée aux approches relationnelles.
Sécurité dans les soins techniques
Pour la maladie de Parkinson, la prise médicamenteuse exige une rigueur horaire stricte. Un soignant qui découvre le résident peut, par méconnaissance, retarder une administration et provoquer un épisode de blocage moteur. La stabilité d’équipe réduit ce risque.
Leviers de fidélisation mobilisés
-Revalorisation salariale, dans le cadre des accords du Ségur de la Santé et de ses extensions
-Formations diplômantes financées, notamment pour devenir Assistant de soins en gérontologie
-Aménagement des plannings et limitation des amplitudes horaires
-Soutien psychologique des équipes via des groupes d’analyse de pratique
-Renforcement de l’encadrement intermédiaire
-Programmes de cooptation et d’intégration des nouveaux arrivants
-Réduction du recours à l’intérim au profit de CDI
Ce que disent les recommandations de la HAS
La Haute Autorité de santé recommande, pour les résidents atteints de maladie d’Alzheimer ou apparentée, une prise en charge globale, individualisée, faisant appel aux approches non médicamenteuses en première intention. La formation continue des équipes, leur supervision et la stabilité du collectif soignant sont identifiées comme des conditions de qualité.
Pour la maladie de Parkinson, les recommandations insistent sur l’individualisation des horaires de soins, la kinésithérapie régulière et la coordination avec le neurologue traitant.
Questions fréquentes
Une UHR ou une UVP coûte-t-elle plus cher au résident ?
L’admission en UHR ou UVP relève du tarif hébergement classique de l’EHPAD, avec un éventuel supplément lié à l’aménagement de l’unité. Les soins sont couverts par le forfait soins. Vérifier les modalités auprès de l’établissement et du conseil départemental pour l’aide sociale à l’hébergement.
Comment choisir un EHPAD pour un proche atteint d’Alzheimer ?
Privilégier les établissements dotés d’une UHR ou d’une UVP, vérifier le taux d’encadrement, demander le taux de rotation du personnel sur les deux dernières années, et observer la qualité des interactions lors des visites.
Quel est le rôle de l’Assistant de soins en gérontologie ?
L’ASG, formé via un module de 140 heures, intervient en UHR, UVP, PASA ou équipe spécialisée Alzheimer à domicile. Il anime des activités thérapeutiques et participe aux soins quotidiens auprès des personnes atteintes de troubles cognitifs.
Comment évaluer la stabilité des équipes lors d’une visite ?
Poser directement la question au directeur ou au médecin coordonnateur. Demander la part de personnel en CDI, le recours à l’intérim sur les six derniers mois, et l’ancienneté moyenne des aides-soignants en unité spécialisée.
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