Lire un conte avec un enfant de 6 ans, partager un goûter, planter une jacinthe ensemble ou échanger par courrier : depuis 2023, le gouvernement a lancé un plan d’action pour rapprocher écoles et établissements pour personnes âgées. En 2026, les jumelages se multiplient et plusieurs associations structurent ce mouvement intergénérationnel. État des lieux.
Un plan national porté par l’Éducation nationale et les Solidarités
Le ministère du Travail, de la Santé et des Solidarités, conjointement avec l’Éducation nationale via Éduscol, a publié un kit « Jumelages intergénérationnels » destiné aux écoles et aux EHPAD. L’objectif annoncé : que chaque école française soit jumelée avec un lieu de vie pour personnes âgées proche de son territoire.
Le jumelage repose sur un projet pédagogique commun, qui peut prendre des formes variées : création artistique, partage de souvenirs, débats, ateliers de cuisine, lectures partagées. Les rencontres se font en présentiel, à distance ou en mode hybride selon les contraintes sanitaires et géographiques.
Les rectorats accompagnent les enseignants qui souhaitent monter un projet. Côté EHPAD, l’animateur et le médecin coordonnateur valident la compatibilité avec l’état des résidents.

Les associations qui structurent le mouvement
Le développement des initiatives intergénérationnelles repose largement sur l’engagement d’associations nationales et locales qui favorisent les échanges entre jeunes et personnes âgées.
1 Lettre 1 Sourire
Née pendant le confinement de 2020, l’association a déjà acheminé plus d’un million de lettres vers plus de 2 000 structures pour personnes âgées. Les jeunes scripteurs ont entre 11 et 25 ans. Un partenariat de trois ans avec le ministère de l’Éducation nationale vise à jumeler chaque école française avec un EHPAD proche. Depuis 2023, l’association anime également 700 ateliers en présentiel par an, dans les écoles, les EHPAD et lors d’événements étudiants.
Les Petits Frères des Pauvres
Fondée en 1946 par Armand Marquiset, l’association historique de lutte contre l’isolement des personnes âgées intervient en EHPAD, en USLD et en unités Alzheimer. Les bénévoles assurent des visites individuelles régulières, mais aussi des actions collectives, qui peuvent inclure des classes d’école ou des groupes étudiants en service civique.
Old’Up et le réseau associatif local
Old’Up valorise l’engagement des seniors actifs en faveur des autres générations. À l’échelle locale, de nombreuses associations comme La Compagnie des Aidants ou Ensemble2Générations animent des programmes de rencontres adaptés au territoire.
Formats d’ateliers qui fonctionnent
| Format | Public scolaire | Durée | Bénéfice principal |
|---|---|---|---|
| Lecture partagée | Maternelle, CP, CE1 | 45 min | Mémoire, langage, valorisation des résidents |
| Atelier jardinage | CE2 à CM2 | 1 h 30 | Motricité, transmission de savoir-faire |
| Échange épistolaire | Collège | Mensuel | Lien continu, écriture, sociabilité |
| Goûter musical | Tous niveaux | 1 h | Émotion partagée, mémoire affective |
| Visite mutuelle | Lycée, BTS | 2 h | Découverte des métiers du grand âge |
Bénéfices mesurés et limites
Les bénéfices observés se répartissent sur trois plans.
-Pour les résidents, on note une amélioration de l’humeur, une stimulation cognitive douce et un sentiment de transmission utile.
-Pour les enfants, l’image du grand âge se déstigmatise et le rapport à la vulnérabilité s’apprend tôt.
-Pour les équipes éducatives et soignantes, le projet décloisonne les pratiques.
Les limites existent :
-Les rencontres trop ponctuelles ou mal préparées peuvent perturber des résidents en troubles cognitifs avancés.
-La régularité, l’ancrage dans le projet d’animation et la formation des intervenants sont les conditions de réussite identifiées par les retours d’expérience.
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Comment monter un projet école-EHPAD
1-Identifier un établissement de proximité (moins de 15 minutes à pied idéalement).
2-Rencontrer la direction et l’animateur de l’EHPAD pour cadrer le projet.
3-Définir un calendrier réaliste : une rencontre par mois ou trimestre, sur l’année scolaire.
4-Préparer chaque rencontre côté école (contenu, sécurité affective, posture).
5-Évaluer après chaque temps fort : ressenti des résidents, des enfants, des équipes.
6-Valoriser le projet (exposition, livret, article dans le journal de l’école).
Questions fréquentes
Tous les EHPAD peuvent-ils accueillir des enfants ?
En théorie oui, mais l’accueil dépend de la configuration des locaux, du profil des résidents et de la disponibilité des équipes. Les unités protégées Alzheimer nécessitent une préparation particulière pour éviter toute désorientation des résidents.
Existe-t-il un label officiel ?
Pas de label unique à ce jour, mais un cadrage gouvernemental via le kit Éduscol et le plan national 2023. Des dispositifs locaux et associatifs portent toutefois la reconnaissance des projets de jumelage.
Combien de temps faut-il pour qu’un projet porte ses fruits ?
Les premiers bénéfices émotionnels sont visibles dès les premières rencontres. La construction d’un lien durable nécessite en général deux trimestres de rencontres régulières, soit 6 à 8 séances.
Comment financer un projet école-EHPAD ?
La plupart des projets ne nécessitent pas de budget conséquent. Les coûts éventuels (transport, matériel, intervenant extérieur) peuvent être couverts par la coopérative scolaire, des subventions municipales, des appels à projets de l’ARS sur la prévention de la perte d’autonomie ou des fondations privées.
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