Recrutement de 4 500 soignants en EHPAD en 2026 : ce que ça va changer pour votre proche

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Recrutement de 4 500 soignants en EHPAD en 2026 ce que ça va changer pour votre proche

La Loi de financement de la Sécurité sociale 2026 a inscrit dans le marbre une première tranche concrète du plan de recrutement promis par le gouvernement : 4 500 soignants supplémentaires en EHPAD dès cette année, financés à hauteur de 250 millions d’euros. Cette tranche initiale s’inscrit dans une trajectoire pluriannuelle visant 50 000 postes d’ici 2030. Pour les familles qui placent un proche en établissement, cette annonce soulève une question légitime : ces recrutements vont-ils réellement améliorer la qualité de prise en charge, ou se diluer dans le turnover et les départs à la retraite ? Tour d’horizon des chiffres, des métiers concernés et des limites du dispositif.

4 500 postes en 2026 : ce que recouvre l’engagement

Selon le portail Senior Actu et le site Prendre Soin de France Travail, les 4 500 soignants financés correspondent à des équivalents temps plein (ETP) supplémentaires, c’est-à-dire des créations nettes au-delà des remplacements liés au turnover. La répartition envisagée par la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS) cible majoritairement :

-Les aides-soignants (AS), profession la plus en tension

-Les infirmiers diplômés d’État (IDE), pour renforcer la coordination clinique

-Les accompagnants éducatifs et sociaux (AES, ex-AMP) chargés du quotidien et de l’animation

-Quelques postes d’animateurs, ergothérapeutes et psychomotriciens

L’enveloppe de 250 millions d’euros se traduit par environ 55 000 euros par poste annuel chargé, ce qui couvre les rémunérations brutes, les cotisations patronales et une marge pour la formation. La Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) verse ces crédits aux agences régionales de santé (ARS), qui les répartissent ensuite aux établissements via les Contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens (CPOM).

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besoin de personnel en ehpad

L’objectif 50 000 postes d’ici 2030 : trajectoire et financement

L’objectif global de 50 000 recrutements en sept ans (2024-2030) avait été annoncé par Élisabeth Borne puis confirmé par les gouvernements successifs. Si la trajectoire est tenue, le ratio d’encadrement atteindra 4,5 ETP pour 10 résidents en 2030, contre 3,8 en 2019. La DGCS a chiffré dans son rapport de 2023 le coût total d’un objectif plus ambitieux (6 soignants pour 10 résidents) à 4,6 milliards d’euros annuels et 86 400 ETP supplémentaires, hors d’atteinte du plan actuel.

AnnéePostes financés (ETP)Cumul depuis 2024
20246 0006 000
20256 50012 500
20264 50017 000
2027-2030 (estimation)environ 8 000 par anenviron 50 000 en 2030

La trajectoire pour 2027-2030 reste à confirmer dans les prochaines lois de financement de la Sécurité sociale, et plusieurs fédérations professionnelles, dont la FHF et le Synerpa, alertent sur le ralentissement de 2026 par rapport à 2024 et 2025.

Le ratio d’encadrement : un indicateur central

Le ratio d’encadrement est le nombre d’équivalents temps plein de soignants pour 10 résidents. En 2019, selon la DREES, il s’établissait à 6,3 ETP toutes catégories confondues (soignants + non soignants), dont environ 4,5 dédiés aux soins. La Défenseure des droits a demandé à plusieurs reprises l’instauration d’un ratio minimal obligatoire, qui n’existe pas aujourd’hui en France. À titre de comparaison, l’Allemagne fixe un ratio minimum proche de 1 soignant pour 2 résidents la journée, et les pays nordiques dépassent souvent 8 ETP pour 10 résidents.

Pour bien comprendre ce que représentent 4 500 postes supplémentaires : la France compte environ 7 500 EHPAD pour 600 000 places. Si les postes étaient répartis uniformément, cela représenterait moins d’un poste supplémentaire pour deux établissements. En réalité, la répartition cible en priorité les EHPAD publics et associatifs en sous-effectif, ainsi que les zones géographiques sous-dotées (Mayotte, Guyane, Creuse, Aisne, Cher).

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Quels métiers, quelle formation ?

Le recrutement bute sur la disponibilité des candidats. La filière aide-soignante connaît une pénurie structurelle : plus de 30 000 postes vacants à l’échelle nationale en 2026 selon France Travail. Pour combler le déficit, plusieurs leviers sont activés :

-Ouverture de places supplémentaires dans les IFAS (instituts de formation d’aides-soignants), avec 8 000 places créées entre 2023 et 2025

-Validation des acquis de l’expérience accélérée pour les agents de service hospitalier souhaitant devenir AS

-Apprentissage et alternance étendus, y compris pour les adultes en reconversion

-Recrutement de personnels étrangers via des accords bilatéraux (Maroc, Tunisie, Madagascar)

Côté rémunération, le Ségur de la santé a relevé les salaires d’environ 183 euros nets mensuels en 2020, suivi de revalorisations ciblées pour les soignants du secteur médico-social. En 2026, une aide-soignante en début de carrière dans un EHPAD public perçoit environ 1 850 euros nets, avec des primes pouvant porter le total à 2 200 euros nets selon les sites Senior Actu et clemcodigital.fr.

Les limites pointées par le secteur

Plusieurs acteurs, dont le Synerpa et la Fehap, soulignent que les 4 500 postes 2026 représentent moins de 3 % des 150 000 à 200 000 ETP supplémentaires que la France devra mobiliser d’ici 2050 pour faire face au vieillissement. Le rapport Libault de 2019 chiffrait déjà à 92 000 le besoin pour la seule décennie 2020-2030. Le risque pointé par la Cour des comptes dans son rapport 2024 est que les recrutements soient absorbés par le turnover (15 à 20 % par an dans la branche) sans amélioration nette du ratio.

D’autres critiques portent sur la concentration géographique des moyens. Les EHPAD privés commerciaux, qui représentent environ un quart de l’offre, bénéficient peu des crédits CPOM car leur tarif soins est intégralement financé par l’Assurance maladie, indépendamment des dotations. Les départements ruraux où l’attractivité des métiers est faible peinent à transformer les crédits en embauches effectives.

Questions fréquentes

Comment savoir si l’EHPAD de mon proche bénéficie de ces recrutements ?

Demandez à la direction de l’établissement le bilan de son CPOM (Contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens). Les ratios d’encadrement et les créations de postes y figurent. Le portail pour-les-personnes-agees.gouv.fr publie également des indicateurs de qualité par établissement.

Les 4 500 postes financés sont-ils déjà pourvus ?

Non. Les crédits sont délégués aux ARS, qui les notifient aux établissements en cours d’année. Le délai entre l’attribution du budget et l’embauche effective oscille entre trois et neuf mois, en raison des difficultés de recrutement dans la filière aide-soignante.

Le ratio d’encadrement va-t-il s’améliorer dans tous les EHPAD ?

Pas uniformément. La priorité va aux établissements les plus en tension, identifiés par les ARS. Les EHPAD privés commerciaux et les structures déjà bien dotées progressent moins vite.

Existe-t-il un ratio minimal obligatoire ?

Non, la France n’impose pas de ratio minimal d’encadrement par décret. La Défenseure des droits et plusieurs fédérations réclament cette obligation, qui aurait l’avantage de la transparence mais nécessiterait des moyens budgétaires nettement supérieurs aux 4,6 milliards d’euros annuels chiffrés par la DGCS.

Avec 4 500 postes financés en 2026, le plan de recrutement avance mais à un rythme inférieur à ce que les besoins démographiques imposent. Pour les familles, l’évolution du ratio d’encadrement de l’établissement choisi reste l’indicateur le plus parlant : un ratio inférieur à 4 ETP pour 10 résidents doit alerter, alors qu’un ratio supérieur à 5 témoigne d’une qualité de prise en charge favorable. Les visites sur place, à différents moments de la journée et notamment en soirée, restent l’outil le plus fiable pour apprécier la réalité des effectifs.

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