Lorsque les besoins médicaux ou les troubles liés au vieillissement deviennent importants, tous les EHPAD[1] ne proposent pas le même niveau d’accompagnement. Certaines structures disposent d’unités spécialisées ou d’une organisation adaptée aux pathologies lourdes, comme la maladie d’Alzheimer[2] évoluée, les troubles du comportement ou les polypathologies. Cet article fait le point sur ces unités, sur les critères qui orientent vers le bon établissement et sur les moyens de vérifier la qualité d’un EHPAD en 2026.
Les principales unités spécialisées
Ces différentes unités répondent à des niveaux de troubles et de besoins spécifiques, avec des organisations et des objectifs de prise en charge distincts.
L’unité d’hébergement renforcé (UHR)
L’UHR[4] accueille des résidents atteints de la maladie d’Alzheimer ou de troubles apparentés présentant des troubles sévères du comportement (agitation, déambulation, agressivité) qui rendent la vie en unité classique difficile. C’est un lieu de vie et de soins sécurisé, avec un personnel renforcé et formé, où le résident vit en permanence. L’UHR dispose d’un cadre réglementaire national.

Le pôle d’activités et de soins adaptés (PASA)
Le PASA[5] n’est pas un lieu d’hébergement mais un espace où des résidents de l’EHPAD, atteints de troubles cognitifs modérés, viennent à la journée participer à des activités thérapeutiques adaptées (stimulation, activités sensorielles, lien social). Le résident retourne dans sa chambre habituelle le soir. Le PASA, comme l’UHR, repose sur un cahier des charges national.
Les unités Alzheimer ou unités protégées
De nombreux EHPAD disposent d’unités protégées, parfois appelées unités de vie protégée, dédiées aux personnes désorientées. Leur conception sécurisée (accès contrôlés, espaces de déambulation) évite les fugues tout en préservant un cadre de vie apaisant. Elles s’adressent à des résidents qui ne relèvent pas forcément des troubles les plus sévères mais qui ont besoin d’un environnement adapté à la désorientation.
| Type d’unité | Public concerné | Fonctionnement |
|---|---|---|
| UHR (unité d’hébergement renforcé) | Alzheimer ou troubles apparentés avec troubles sévères du comportement | Lieu de vie permanent, personnel renforcé et formé, cadre sécurisé |
| PASA (pôle d’activités et de soins adaptés) | Troubles cognitifs modérés | Accueil à la journée pour activités adaptées, retour en chambre le soir |
| Unité protégée / unité Alzheimer | Personnes désorientées, risque de fugue | Espace sécurisé avec accès contrôlés et zones de déambulation |
| EHPAD adapté aux situations médicales complexes | Polypathologies chroniques, fragilité cardiovasculaire | Suivi médical renforcé, présence infirmière, coordination des soins |
La prise en charge des pathologies chroniques et cardiovasculaires
Au-delà des troubles cognitifs, les EHPAD accueillent des résidents cumulant plusieurs maladies chroniques : insuffisance cardiaque, hypertension, diabète, séquelles d’accident vasculaire.
Ces situations nécessitent souvent une surveillance quotidienne : prise des traitements, suivi du poids, prévention des chutes ou adaptation de l’alimentation. Lors d’une visite, il est utile de demander comment l’établissement organise le suivi des résidents atteints de plusieurs maladies chroniques et comment les échanges avec les médecins traitants sont assurés.
Tous les EHPAD ne disposent pas du même niveau de médicalisation, ce qui influe sur leur capacité à accompagner des pathologies lourdes.
Critères d’orientation en unité spécialisée
L’orientation vers une unité spécialisée résulte d’une évaluation médicale. Le degré de dépendance[6] est mesuré par la grille AGGIR[7] (groupes GIR[3] 1 à 6), les besoins en soins par l’outil Pathos[8].
Le diagnostic, la sévérité des troubles du comportement et les pathologies associées déterminent le type d’unité adapté :
-une personne atteinte d’Alzheimer avec troubles sévères du comportement pourra relever d’une UHR,
-une personne avec des troubles modérés bénéficiera d’un PASA ou d’une unité protégée.
Cette orientation se construit avec le médecin traitant, le médecin coordonnateur de l’EHPAD et la famille.

Médicalisation et rôle du médecin coordonnateur
Le médecin coordonnateur est une figure centrale de l’EHPAD.
Il définit le projet de soins, évalue les besoins des résidents, coordonne les interventions médicales et paramédicales, et conseille la direction sur l’admission des résidents au regard des capacités de prise en charge de l’établissement. Sa présence et son temps de travail, ainsi que la présence d’infirmiers la nuit, sont des indicateurs concrets du niveau de médicalisation.
Pour les familles, interroger le médecin coordonnateur lors d’une visite permet de juger de la capacité réelle de l’établissement à accompagner une pathologie lourde.
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Évaluer la qualité d’un établissement en 2026
Choisir un EHPAD ne se limite pas au tarif, qui s’élève en moyenne à 2 630 euros par mois en France en 2026 selon la DREES. La qualité de la prise en charge se vérifie. Depuis 2023, les établissements sociaux et médico-sociaux sont évalués selon le référentiel de la Haute Autorité de Santé (HAS) dans sa version 2022, qui comprend 157 critères, dont 18 critères impératifs et 139 critères standards, organisés autour de la personne accompagnée, des professionnels et de l’établissement.
Pour consulter les résultats, la plateforme publique Qualiscope, ouverte aux établissements sociaux et médico-sociaux le 16 septembre 2025, met à disposition les évaluations de qualité des EHPAD. Les familles peuvent y vérifier les résultats d’un établissement avant de prendre une décision, en complément des visites sur place et des échanges avec l’équipe.
Questions fréquentes
Quelle différence entre une UHR et un PASA ?
L’UHR est un lieu de vie permanent pour des résidents atteints d’Alzheimer avec troubles sévères du comportement. Le PASA est un espace d’accueil à la journée, sans hébergement, pour des résidents aux troubles cognitifs modérés qui retournent dans leur chambre le soir.
Comment savoir si un EHPAD est adapté à une pathologie lourde ?
Il faut interroger le médecin coordonnateur sur le niveau de médicalisation : présence d’infirmiers la nuit, organisation des soins, existence d’unités spécialisées. La grille AGGIR et l’outil Pathos servent à évaluer la dépendance et les besoins en soins de la personne, ce qui oriente vers le bon type d’établissement.
Qu’est-ce que le référentiel HAS V2022 ?
C’est le référentiel d’évaluation de la qualité des établissements sociaux et médico-sociaux publié par la Haute Autorité de Santé. Il comprend 157 critères, dont 18 impératifs et 139 standards, et sert de base aux évaluations obligatoires des EHPAD.
Où consulter les résultats qualité d’un EHPAD ?
La plateforme publique Qualiscope, ouverte aux établissements sociaux et médico-sociaux le 16 septembre 2025, permet de consulter les évaluations de qualité des EHPAD. Elle complète utilement les visites et les échanges directs avec l’établissement.
Une unité spécialisée coûte-t-elle plus cher ?
L’accueil en unité spécialisée s’accompagne souvent d’un coût supérieur à l’hébergement classique, en raison du personnel renforcé. Le reste à charge dépend des ressources du résident et des aides mobilisées (APA en établissement, aide sociale à l’hébergement selon la situation).
Références du glossaire
[1] EHPAD
Un Établissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes (EHPAD) accueille des seniors ayant besoin d’un accompagnement quotidien et de soins adaptés à leur état de santé.
[2] Alzheimer
La maladie d’Alzheimer est une affection neurodégénérative qui altère progressivement la mémoire, le raisonnement et l’autonomie. Elle constitue l’une des principales causes d’entrée en EHPAD.
[3] GIR
Le Groupe Iso-Ressources (GIR) est un niveau de classement permettant d’évaluer le degré de perte d’autonomie d’une personne âgée. Il classe la dépendance sur une échelle de 1 (très dépendant)…
[4] UHR
L’Unité d’Hébergement Renforcé (UHR) accueille des personnes atteintes de troubles cognitifs sévères associés à des troubles du comportement importants. Elle offre un accompagnement spécifique dans un environnement sécurisé.
[5] PASA
Le Pôle d’Activités et de Soins Adaptés (PASA) est une unité au sein d’un EHPAD destinée aux résidents atteints de troubles cognitifs modérés. Il propose des activités thérapeutiques visant à…
[6] Dépendance
La dépendance désigne la nécessité d’être aidé pour accomplir les actes essentiels de la vie quotidienne (se laver, s’habiller, se nourrir, se déplacer). Son niveau varie selon les capacités physiques…
[7] AGGIR
L’AGGIR est un outil utilisé en France pour mesurer le degré d’autonomie d’une personne âgée. Son évaluation permet notamment de déterminer l’accès à certaines aides comme l’APA.
[8] Pathos
Le Pathos est un outil utilisé dans les EHPAD pour évaluer les besoins en soins médicaux des résidents. Il contribue à adapter les moyens humains et médicaux aux situations rencontrées.
Le médecin coordonnateur organise et supervise la prise en charge médicale des résidents en EHPAD. Il veille à la qualité des soins et à la coordination des intervenants.
[10] Parkinson
La maladie de Parkinson est une affection neurologique évolutive qui perturbe les mouvements. Elle peut provoquer des tremblements, une rigidité musculaire et des difficultés à se déplacer.
[11] Aide sociale
L’aide sociale regroupe différents dispositifs publics destinés aux personnes disposant de faibles ressources. Elle peut prendre en charge une partie des frais d’hébergement en établissement.

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