La présentation du Plan Grand Âge 2026, initialement prévue le 12 février au ministère de la Santé, a été reportée sine die. À l’origine de ce nouveau retard : le départ de Charlotte Parmentier-Lecocq, ministre déléguée chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées, qui a annoncé le 9 février 2026 son intention de quitter le gouvernement pour retrouver son siège de députée du Nord. Pour les familles, les résidents d’EHPAD et les professionnels du secteur médico-social, ce report constitue un signal préoccupant après plusieurs années de promesses non tenues. Tour d’horizon du dossier, des ministres qui se sont succédé sur le portefeuille de l’autonomie depuis 2022 et des conséquences concrètes pour les usagers.
Un plan promis depuis 2019, reporté sept fois
Le Plan Grand Âge est attendu depuis le rapport Libault de 2019, qui chiffrait à 9,2 milliards d’euros supplémentaires les besoins du secteur d’ici 2030. Successivement annoncé pour fin 2019, 2021, 2024, puis début 2026, il a été repoussé à chaque remaniement ministériel.
Le contenu attendu du plan portait sur quatre axes :
-revalorisation salariale des soignants,
–hausse du ratio d’encadrement en EHPAD,
-soutien massif au maintien à domicile,
-structuration d’une cinquième branche de la Sécurité sociale dédiée à l’autonomie.
La feuille de route devait également préciser la trajectoire des recrutements (50 000 soignants d’ici 2030) et l’enveloppe budgétaire pluriannuelle.

La valse des ministres de l’Autonomie depuis 2022
L’instabilité du portefeuille a accentué les retards. Voici la chronologie des titulaires successifs :
| Période | Ministre déléguée à l’Autonomie |
|---|---|
| Juillet 2022 – juillet 2023 | Jean-Christophe Combe (Solidarités, Autonomie et Personnes handicapées) |
| Juillet 2023 – février 2024 | Aurore Bergé puis Fadila Khattabi |
| Février 2024 – septembre 2024 | Fadila Khattabi (gouvernement Attal) |
| Septembre 2024 – décembre 2024 | Paul Christophe ministre des Solidarités (gouvernement Barnier), Charlotte Parmentier-Lecocq déléguée aux Personnes handicapées |
| Décembre 2024 – février 2026 | Charlotte Parmentier-Lecocq ministre déléguée à l’Autonomie et au Handicap (gouvernement Bayrou puis suivants) |
| Depuis février 2026 | Camille Galliard-Minier |
En quatre ans, six personnalités différentes ont occupé peu ou prou les mêmes attributions, sans qu’aucune ne parvienne à présenter un plan d’ensemble. Catherine Vautrin, ministre du Travail, de la Santé et des Solidarités depuis 2024, supervise globalement le dossier, mais la délégation Autonomie a connu trop de ruptures pour produire une feuille de route stabilisée. La nouvelle ministre, Camille Galliard-Minier, nommée le 26 février 2026, hérite donc d’un dossier sensible avec une équipe de cabinet partiellement renouvelée.
Charlotte Parmentier-Lecocq, retour au Palais Bourbon
Charlotte Parmentier-Lecocq, députée du Nord depuis 2017, déjà en charge des Personnes handicapées dans le gouvernement Barnier dès septembre 2024, avait pris l’intitulé Autonomie et Handicap en décembre 2024 dans le gouvernement Bayrou. Elle avait engagé un cycle de concertations avec les fédérations du secteur (Synerpa, FHF, Fehap, Uniopss, ADMR) et programmé une présentation publique du Plan Grand Âge le 12 février 2026. Son départ, motivé officiellement par sa volonté de reprendre son mandat parlementaire, intervient en pleine séquence de préparation. Le ministère a reconnu que la rédaction du plan était encore inachevée au moment de son départ.
Conséquences pour les familles et les EHPAD
Le report du Plan Grand Âge n’est pas qu’un événement politique : il pèse sur des décisions très concrètes. Plusieurs mesures attendues sont gelées :
-La trajectoire de recrutement de 50 000 soignants reste financée année par année via les lois de financement de la Sécurité sociale, sans visibilité pluriannuelle
-La revalorisation du tarif dépendance n’est pas synchronisée entre les départements
-La structuration de la cinquième branche autonomie progresse lentement (création de la CNSA renforcée mais sans vision globale)
-Le soutien au maintien à domicile (heures d’APA, conditions de l’allocation) reste à clarifier
Ce que dit la CNSA et les fédérations
La Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) a publié plusieurs notes en 2025 et début 2026 rappelant l’urgence démographique : la France comptera 4,8 millions de personnes de plus de 85 ans en 2050 contre 1,6 million en 2020. Sans plan structurel, le déficit d’accompagnement pourrait dépasser 200 000 places en EHPAD et 300 000 emplois d’auxiliaire de vie. L’Uniopss, qui fédère le secteur associatif, a publié un communiqué le 6 février 2026 dénonçant un report qui condamne le secteur à gérer la pénurie sans cadre national.
Questions fréquentes
Le report du Plan Grand Âge change-t-il les aides actuelles ?
Non. Les aides existantes (APA, ASH, APL, ASPA) restent versées selon les règles en vigueur. Le report concerne uniquement les nouvelles mesures structurelles annoncées dans le plan, qui auraient pu créer ou revaloriser certains dispositifs.
Quand le Plan Grand Âge sera-t-il finalement présenté ?
Aucune date n’a été communiquée par le ministère à la date de juin 2026. Plusieurs sources évoquent un calendrier reporté à l’automne 2026, sous réserve d’un arbitrage budgétaire favorable dans le cadre du Projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2027.
Quel est le rôle de Camille Galliard-Minier sur ce dossier ?
La nouvelle ministre déléguée, nommée le 26 février 2026, a repris la concertation engagée par sa prédécesseure. Elle a déjà annoncé la rebaptisation des EHPAD en Maisons France Autonomie en avril 2026, mais sans calendrier ferme pour le plan d’ensemble.
Faut-il attendre le plan pour engager une démarche d’admission en EHPAD ?
Non. Les délais d’attente en EHPAD habilité dépassent souvent 12 mois. Il est recommandé d’anticiper la recherche, de déposer un dossier sur le portail Via Trajectoire, et de solliciter une évaluation APA en parallèle, sans attendre les décisions nationales.
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